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Chronique du retour discographique de Giorgio Moroder

Chronique du retour discographique de Giorgio Moroder

Teasing "The Collaborators" pour "Random Access Memories" de Daft Punk. DR
Teasing "The Collaborators" pour "Random Access Memories" de Daft Punk. DR

A l’évocation de son nom, on en revient toujours à cette plongée dans l’univers carcéral de la ville d’Istanbul. A cette disco sombre et lançinante véhiculée par The Chase qui habillait le magnifique Midnight Express (1978) d’Alan Parker. Giovanni Giorgio Moroder, puisque c’est évidemment de lui dont il s’agit, se présente aussi comme le génial architecte sonore d’un Love To Love You Baby ou d'un I Feel Love immortalisés par la voix orgasmique de Donna Summer. Moroder, c’est encore cette combinaison avec Freddie Mercury (Queen) sur Love Kills, theme de la B.O revisitée du Metroprolis (1984) de Fritz Lang (1927). Enfin, ce peut-être aussi l’auteur des albums From Here To Eternity (1977) ou Knights In White Satin (1976), deux enregistrements dans lesquels son style taillé dans les vagues synthétiques et les pieds discoïsants a façonné le son Moroder. Après une dernière sortie discographique datant de 1985, Giorgio fait donc son grand come-back 30 ans plus tard avec un nouvel album annoncé il y a plusieurs mois. Un retour aux affaires sans doute facilité par sa collaboration (plutôt convaincante) au mastodonte Random Access Memories des Daft Punk. Avec une telle rampe de lancement, Moroder s’est donc senti pousser de nouvelles ailes solitaires afin d’accoucher d’un 13e album qui n’aurait sans doute jamais vu le jour sans le coup de pouce d’un destin « casqué ».

Moustache ou moue deceptive ?
Moustache ou moue deceptive ?

Inattendu voire inespéré

Déjà Vu (Sony - Columbia), titre de ce nouvel album signé Moroder – ce qui en 2015 et à 75 ans relève de l'inattendu voire de l'inespéré – débarque donc dans nos boîtes mail en téléchargement. Et là, on ne sait pas trop quoi penser. Ou plutôt on a - en méchant défenseur d’un mythe qu’on imagine survivre - une petite idée derrière nos oreilles après avoir entendu Right Here, Right There avec Kylie Minogue (si,si…) et Déjà Vu avec Sia. En écoutant 74 Is The New 24 lancé comme prélude à l’album, on avait déjà envisagé le pire quant à la fraîcheur artistique de monstre sacré de la Musique. Mais avec un titre aussi évocateur que Déjà Vu, on avait aussi chaudement espérer qu'il renvoie à un glorieux passé.

Kylie Minogue et Giorgio Moroder. 2015
Kylie Minogue et Giorgio Moroder. 2015

On retient notre souffle, on échauffe nos esgourdes, on frétille. Sincèrement. Et puis...

Et bien… Plouf. Et pourtant. Dire que Déjà Vu est un disque raté serait exagéré. On a du respect pour nos icônes quand même ! On retrouve parfois, avec un agencement actualisé, des éffluves "Moroderiennes". Comme sur Wildstar par exemple où le carbone 14 instrumentale révèle parfois une époque qui nous a bercé. Et qui continuera de nous bercer d’ailleurs. Par contre, on sera vite intraitable (sujectivité évidemment, mais bon quand même) sur cette « Eurodance » fadasse éprouvée sur Diamonds ou encore 4 U With Love. Brillant et génial avec Donna Summer hier, Moroder se montre ici beaucoup moins inspiré avec les femmes. Kylie Minogue fait... du Kylie Minogue finalement tout comme Sia qui fait... juste le job. Le sien surtout. On passera sur la prestation de Kelis, invitée sur Back & Forth, ôde insipide et sans âme. Dommage.

Giorgio Moroder. Homme à (grosse et belle) moustache
Giorgio Moroder. Homme à (grosse et belle) moustache

Qui est au bout du disque ?

Et puis il y a ce titre qui sent bon, qui nous fait godiller le lob : La disco. Mais à peine le clic de notre souris enclenché sur l’icône « play » de notre lecteur iTunes, la déception est encore au rendez-vous. Ca sonne un peu gras, un peu indigeste. Un peu, le mot est faible. Même si foncièrement, on a entendu bien pire. Il y a encore le Tempted vocalisé par le chanteur New Yorkais Matthew Koma, passé du Punk Rock à ce qu’il est désormais convenu d’appeler l’EDM pour Electronic Dance Music. Un genre musical hérité de David Guetta et dont le I Do This For You chanté par Marlène en sera très certainement l’une des parfaites composantes. Bon, on n’a pas vraiment retrouvé notre Giovanni Giorgio Moroder. Mauvaise langue, on pourra même dire qu’on l’a sans doute perdu. Peut-être aussi parce que, sur ce disque, il se montre moins et se refugie (trop) derrière ses invités. Mais dans la musique, rien ne se perd, tout se réécoute. Et en cela, nous préférerons donc nous raccrocher encore à ses seuls et vrais airs de "déjà vu"…

Texte : T.G

Moroder Vs I-Robots - Utopia (2014). Titre remixé extrait de l'album From Here To Eternity.

Giorgio Moroder - Utopia (Original Version).

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